1) Des palettes futuristes

 

              Vincent est un manutentionnaire de quarante-trois ans qui travaille pour une fameuse entreprise de matériaux d’isolations. Comme tous les jours, il décharge et range les palettes au volant de son chariot élévateur. Mais chaque opération est longue, et bien que son chariot fonctionne aujourd’hui à l’aide d’une batterie et non plus à l’essence, l’engin présente des inconvénients comme les manipulations délicates ou le déchargement parfois trop rapide de la batterie selon les charges transportées.

              

C’est dans la tête de ce manutentionnaire qu’est née une idée originale : et si l’on n’avait uniquement besoin des mains pour transporter les marchandises, ne serait-ce pas moins compliqué ? Mais transporter des marchandises d’un tel poids à la force des mains était impossible, il fallait donc imaginer une façon d’annuler ce poids. C’est lors d’une discussion avec l’un de ses supérieurs sur le sujet que l’idée de Vincent parvint jusqu’au siège de l’entreprise. C’est là que la palette à lévitation magnétique est née. L’application du procédé à un entrepôt était assez simple : on équipait les sols d’électroaimants, que l’on pouvait choisir d’activer au moment et aux endroits où l’on voulait, et les palettes étaient conçues dans un alliage ferromagnésien. Lors de l’activation des électroaimants, les frottements entre le sol et les palettes étant supprimés, il devenait très facile pour un seul homme de déplacer les charges à mains nues, quel que soit leur poids.

              

C’est en 2094 que naquit ce projet, qui fut appliqué à un grand nombre d’entrepôts, et dont l’utilité fut plus tard étendue à de nombreux domaines, ancrés dans le quotidien de l’Homme. A cette époque, le coût de l’installation des électroaimants et la fabrication des palettes étaient devenus négligeables, ce qui écartait le problème des dépenses. La main d’œuvre nécessaire au déplacement des palettes était nettement réduite, et les émissions de gaz produites par certains chariots élévateurs étaient effacées. De plus, les manipulations devinrent beaucoup plus faciles, et les entrepôts pouvaient accueillir plus de marchandises, la place nécessaire aux manœuvres étant devenue quasiment inexistante. Les emplois supprimés lors du licenciement des manutentionnaires furent vite redistribués pour la fabrication et l’installation de ce nouveau procédé. Vincent garda sa place de manutentionnaire dans sa fameuse entreprise, et reçut de nombreuses félicitations pour son ambitieux projet qui aboutit avec succès dans le secteur de la logistique.

 

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